24 Heures de Doubaï : nouvelle deuxième place pour Stéphane Lémeret

Quand après 12 heures de course vous avez la situation en main dans votre catégorie, vous pouvez entrevoir la suite avec optimisme. C’est ce qu’ont probablement cru les membres de la formation du VDS Racing Adventures autoritaire leader de leur classe. Mais au bout du double tour d’horloge de Doubaï, Karim Al Azhari, José Close, Raphaël van der Straten et Stéphane Lémeret ont dû se contenter de la deuxième place.

Patrick Six : Stéphane, cette deuxième place a-t-elle un goût amer ?

Stéphane Lémeret : « On ne peut pas se plaindre quand on monte sur le podium d’une course de 24 Heures mais on est passé à côté de la montre en or. La voiture était parfaitement préparée et seul un problème électrique nous a empêchés de finir dans le top 5 général, voire au pied du podium ! »

A mi-course la Mustang était en tête du SP2 preniez-vous tous les risques pour creuser l’écart ou ménagiez-vous la mécanique ?

«On ménageait la mécanique, comme toujours pour une course de 24 Heures, surtout avec une GT3. Mais on était déjà embêtés par des coupures moteur, qui se sont aggravées par la suite. En fait, à la régulière, à part la Ferrari GT2 AF Corse, nous étions tout simplement les meilleurs avant les coupures. »

De 20ème sur la grille de départ tu es remonté rapidement en 6ème position réalisant le  meilleur temps en course de la voiture au 22ème tour. Imprimer un rythme élevé était-ce une tactique établie par l’équipe au départ ?

« Je n’attaquais pas, je suis simplement remonté là où la voiture aurait dû être dès les qualifs si je n’avais pas été bloqué par le trafic durant les trois seuls tours que l’équipe m’avait concédés.»

Ce premier accessit est-il dû aux problèmes endémiques de la Mustang R500 tel qu’un pont trop fragile ?

«Non, le problème de pont fait partie de l’histoire ancienne ! Je peux te dire que s’il a tenu alors qu’il encaissait d’énormes chocs à chaque coupures électrique, il ne cassera plus jamais ! L’équipe a fait un boulot formidable et c’est pour ça que ce petit problème électrique est vraiment dommage ! »

Le VDS Racing Adventures a-t-il subi de profondes modifications durant l’entre saison ?

« Non, le niveau de performances et de fiabilité démontré à Dubaï est juste le résultat du travail entrepris depuis un an. Je suis très fier de l’équipe et notre chef mécano, Yves, avait toutes les raisons d’avoir les yeux humides à l’arrivée ! Il reste juste à appliquer un peu plus de rigueur au niveau de la gestion tactique, par exemple en nous obligeant à nous entraîner à changer de pilote plus rapidement.»

As-tu senti une plus grande maturité de chacun ?

« Oui, c’est sûr, tout le monde a beaucoup grandi en un an. L’arrivée de Karim en dernière minute a toutefois créé quelques tensions mais j’ai très vite mis les choses au point avec Raphaël et je pense que nous n’en serons que plus forts à l’avenir.»

Les séances d’essais ont-elles été mises à profit afin que chaque pilote bénéficie d’un maximum de temps de roulage ?

« C’était trop court avant la qualification mais les essais de nuit ont permis à chacun de trouver ses marques et de peaufiner les réglages.»

Comment s’est faite l’intégration du local Al Azhari ?

«C’est le mec le plus sympa que je connaisse ! Vous devriez le voir, toujours souriant et humble, alors qu’il est extrêmement riche et incroyablement doué.
Dès son premier tour dans la Mustang, il a fait parler la poudre. Il a une capacité d’adaptation incroyable, comme seul Maxime Martin me l’avait démontré jusqu’à présent. Et je te jure que je ne dis pas ça parce qu’il m’a invité quand je veux dans sa guest-house sur le Palm Jumeirah, la fameuse île artificielle en forme de palmier ! (Rires)»

La Mustang a-t-elle subi des évolutions ces derniers mois qui vont dans le bon sens?

«Oui, au niveau du pont. L’équipe a fait ce qu’il fallait. Elle avait même prévu un ventilateur supplémentaire pour la chaleur de Dubaï mais ce ne fut pas nécessaire.»

La venue d’un pilote NASCAR à Dubaï assoit-elle de manière définitive la notoriété de l’épreuve ?

«Ah bon, il y avait un pilote Nascar !? Non, je plaisante, je suis au courant car je l’avais lu sur internet mais là-bas personne n’en a parlé et je ne l’ai pas vu. D’ailleurs je ne sais pas à quoi il ressemble. Mais vus les performances de la Ferrari AF Corse en qualifs comme en course, il n’a pas dû affoler les chronos ! Moi je dirais plutôt que c’est la victoire d’une équipe officielle Porsche et la venue d’AF Corse qui prouvent que les 24H de Dubaï deviennent un rendez-vous sportif important. Le fait qu’on aurait pu terminer dans le top 5 d’une telle épreuve est d’autant plus impressionnant. Aux 24H de Spa, VDS Racing Adventures va viser le top 10 !»

Quelles sont les autres courses auxquelles tu participeras pour le compte du VDS Racing Adventures ?

«Je n’en sais rien du tout. Peut-être Raphaël estimera-t-il que j’ai terminé ma mission vu le niveau que l’équipe a démontré à Dubaï. Ce fut une expérience passionnante mais maintenant, Karim Al Azhari peut prendre le relais. D’un point de vue financier, il pourra mieux aider le team que moi, Mais si Raphaël
m’appelle, je serai toujours là pour lui car c’est un gars qui gagne à être connu. »

Le déplacement de Doubaï a-t-il été l’occasion pour toi de finaliser un contrat en vue de la prochaine saison ?

« Non mais ce déplacement m’a donné quelques idées. J’ai aussi reçu des coups de téléphone et des e-mails intéressants. J’en saurai plus dans quelques jours. »